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"Mange tes légumes !" est l'injonction qu'il y aurait à retenir du best seller de Michael Greger, médecin nutritioniste américain, Comment ne pas mourir. Ma grand-mère, qui subit depuis maintenant quelques années ma cuisine à base de quinoa, de tofu et de curcuma (ponctuée de salutaires apéros à la bière et au saucisson), me l'a commandé. Merci mamie, je t'aime. Le livre est massif. En 540 pages, le docteur Greger explique, point par point, quels aliments favorisent les maladies, et quels aliments les préviennent. Il y a deux parties. La première est composée de chapitres traitant, une à une, des maladies de notre civilisation de surabondance alimentaire : maladies cardiaques, cancers du poumon, du foie, des reins, etc. Dans toutes ces maladies, un type d'aliment revient, qui semble favoriser l'aparition de chacune d'entre elles : la viande. Greger fait état de nombreuses études semblant pointer dans la direction qu'un régime à base de plantes, n'amènerait non seulement pas les carences que les tenants d'un régime carné suggèrent, mais surtout, préviendrait efficacement l'ensemble des maladies de civilisation apparues au cours du vingtième siècle. Un exemple ? un exemple. J'ouvre le livre, au hasard, à la page 73. Nous sommes au milieu du chapitre de l'asthme, dans la partie concernant les maladies respiratoires. Je cite : 

"Des chercheurs suédois ont décidé d'expérimenter ce type de régimes (aliments complets d'origine végétales) sur un groupe de sujets soufrant d'asthme sévère, dont l'état ne s'améliorait pas en dépit des meilleurs traitements médicaux - 35 patients soufrant d'asthme installé et suivis par un médecin, dont 20 avaient été admis à l'hôpital pour des crises graves au cours des deux années précédentes. (...) Sur les 24 patients qui ont suivi ce régime végétalien, 70 % ont vu une amélioration de leur état après quatre mois et 90 % au bout d'un an. Et aucun d'entre eux n'avait constaté d'amélioration de son état au cours de l'année qui avait précédé son passage à l'alimentation à base de végétaux."

La première partie de Comment ne pas mourir est truffée d'études, conduites par des chercheurs de presque tous les pays du monde, tendant à prouver qu'une alimentation majoritairement végétale aurait des vertus protectrices extremement puissantes pour la santé. Il amène une analogie, qui parcourt tout le livre et qu'on peut également entendre dans ses interviews (je vous conseille le superbe entretien qu'il accorde  à London Real) qui est la faculté du corps à se guérir et à prevenir les afflictions, qui est, selon lui, empechée par un régime trop riche en viandes, qui reviendrait à se taper la tête contre un mur tous les jours, et retourner voir le médecin chaque semaine pour des antidouleurs. Cette partie est très convaincante. On ne peut s'empécher de lever les yeux quand on lit des anecdotes sur les méthodes crapuleuses l'industrie de la viande : nottament cette pratique de l'industrie du poulet, consistant à injecter de l'eau salé dans les volailles pour alourdir leur poids, faisant ainsi d'un poulet fermier, naturel, élevé en plein air, un aliment insidieusement plus chargé en sodium qu'un big mac ou des frites. Parallèlement, il nous vante les vertus, parfois miraculeuses, d'aliments naturels que chacun gagnerait à incorporer à son alimentation (I'm looking at you curcuma...)

La deuxième partie, bien moins volumineuse, et plus anecdotique, recense un certain nombre d'aliments recommandés par le docteur Greger pour une santé optimale. On y trouve, pêle mele, Les graines de lin moulues (pour les omégas 3), les baies et autres fruits rouges (pour l'extraordinaire teneur en minéraux) les crucifères (pour les vertus anticancer) ainsi que les pistaches, pour les troubles sexuels - étonnant, non ? 

Est-ce à dire que Michael Greger est un partisan actif du mouvement Vegan ? Le mot n'apparait que rarement dans le livre, et Greger semble lui-même refuser cette étiquette, à laquelle il préfère l'expression whole plant based food, qu'on peut traduire par "aliments complets d'origine végétale". Dans l'interview de London Real, il explique que le terme vegan, si il nous dit quel aliment untel ne mange pas, ne nous dira pas ce qu'il mange. On peut parfaitement voir un "Vegan" se nourrir de chips, de frites, de bières et de cacahuètes salées. Ce qui ressort de la lecture de ce livre, c'est qu'il suffit d'ajouter plus de fruits, de légumes et de légumineuses pour voir une amélioration significative des conditions de vie, ainsi que de la santé sur le long terme. Pour ma part, je souscris sans réserve à ce constat, amené de manière didactique, sans injonction, par un praticien éminément respecté dans son milieu. La simple logique nous dit qu'incorporer plus d'aliments végétaux fait baisser la consomation de sel, de sucre raffiné et de gras trans, responsables de tant de maladies. Comment ne pas mourir n'évite pas quelques effets de styles un peu malvenus et à volonté sensationelle,  mais il est, dans l'ensemble, très instructif, et donne envie à son lecteur de prendre sa santé en main, ce qui en fait déjà un ouvrage salutaire. Pour ma part,  je vous le recommande chaudement, et retourne à mes graines germées.